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mercredi, mai 30, 2018
Une montre faite de morceaux du Titanic !
Bien sûr, elle fait polémique. La Titanic-DNA, la nouvelle montre de Romain Jerome, a été conçue avec de véritables morceaux d'acier du légendaire paquebot.
RJ Watches ne manque pas d'imagination. Pour sa collection DNA of Famous Legends, la jeune firme horlogère a présenté en première mondiale son nouveau modèle : la Titanic-DNA. Ce garde-temps, pensé par la marque Romain Jerome, contient d'authentiques parties du Titanic. Alors que le centenaire du naufrage du paquebot attire toutes les attentions, la montre possède une "relation directe" avec le navire, comme le décrit le communiqué de presse de la marque.
Chaque modèle renferme une partie d'acier provenant de l'épave qui gît à près de 4 000 mètres de fond dans l'océan Atlantique. "Insuffler une âme à un objet", voilà ce qu'ont voulu faire les créateurs de la montre pour justifier un tel concept. Le jeune patron de la marque, Yvan Arpa, a en outre eu l'idée de s'inspirer du Titanic, de ses formes et de ses matériaux. Il y a introduit du charbon pour les cadrans et de l'acier pour les boîtiers. Charbon et acier provenant du fameux bateau de la White Star Line.
Les aiguilles de ce garde-temps reproduisent la forme de l'ancre du Titanic, alors que celle des petites secondes évoque les compteurs de la salle des machines. Elle est placée à 9 heures sur un cadran d'une profonde noirceur, obtenue grâce au charbon qui a été récolté dans les restes du tragique paquebot. Romain Jerome est une jeune marque horlogère qui a soufflé ses sept bougies. À défaut de posséder une histoire, elle souhaite marquer les esprits avec des paris osés. La Titanic-DNA en est un. Si osé qu'il fait polémique. Peut-on utiliser des matériaux provenant d'un naufrage qui a causé la mort de 1 500 passagers ? Afin de taire les nombreuses critiques, Romain Jerome a décidé de s'associer au chantier naval Harland and Wolff, à Belfast, lieu où le navire a été construit. Ce chantier contribue entre autres à la mise en place de plusieurs projets commémoratifs pour le centenaire du naufrage.
Limitée à 2 012 exemplaires (plus personne ne se demande pourquoi), la Titanic-DNA possède un mouvement La Joux Perret 8235, avec une réserve de marche de 48 heures. Étanche à 5 atm, le boîtier mesure 44,5 mm, et le bracelet est en caoutchouc ou crocodile.
Un siècle après le tragique événement, il est étonnant de constater que c'est l'horlogerie qui aura contribué, à sa manière, à faire revivre le paquebot de rêve.
Qui n'a pas rêvé un jour d'avoir son propre modèle de montre ? Du bracelet au changement de couleur, en matière de customisation, le meilleur côtoie d'ailleurs le pire.
À force de proposer des séries limitées de plus en plus restreintes, attisant l'appétit des collectionneurs, les marques se sont retrouvées prises de court : leurs clients veulent du sur-mesure ! Les manufactures ne peuvent bien entendu pas répondre au moindre désir de leurs clients. C'est dans cette faille que se sont engouffrées nombre de boutiques, proposant traitement de surface et autres bracelets sur mesure
Dans ce registre, l'Atelier du bracelet parisien, ABP pour les intimes, fait figure de référence. Cela fait bientôt vingt ans que Jean-Claude Perrin et sa femme occupent leur boutique du marché Saint-Honoré à Paris. Ils offrent le premier niveau de personnalisation de la montre : le bracelet sur mesure. Python, alligator, autruche, éléphant, poulet, galuchat, etc. peuvent être accommodés suivant plus de 600 couleurs de piqûres et surpiqûres. Le conseil est d'or et chaque bracelet est sur mesure.
Au-delà du bracelet, c'est à la montre elle-même que l'on s'attaque. Deux écoles s'affrontent : celle des puristes et celle des audacieux. La même question hante les deux camps : modifier une montre lui donne-t-elle ou lui retire-t-elle de la valeur ? Les premiers considèrent que toute atteinte portée à la montre la dégrade instantanément. Les seconds pensent au contraire qu'une pièce unique ne peut que prendre de la valeur.
Hélas, c'est un fait : toute modification personnelle fera perdre de sa valeur financière à une pièce..., mais augmentera sa valeur affective. Seule une modification apportée par la manufacture, consentie à titre exceptionnel, pourra faire monter les deux indices en parallèle. Cela reste un cas rarissime, sauf chez les indépendants qui peuvent se le permettre plus facilement dans la mesure où ils font les pièces eux-mêmes.
Du côté du boîtier, le traitement de surface est le plus utilisé. Son nom : DLC, pour Diamond Like Carbon. C'est un alliage élaboré sous vide. Par ionisation (procédé plus connu sous le nom de PVD), il est déposé en micro-couches, en combinant la structure du carbone graphite à celle du diamant. Le DLC vient donc modifier la couleur et la texture de la boîte. Il est définitif.
L'Angleterre est la plus friande de ce procédé. Les sociétés qui se sont créées sur cette offre sont légion : Titan Black, Project X Design, Bamford Watch Department, etc. En France, MAD leur a emboîté le pas. À Genève, c'est Black Out Concept. Toutes ces enseignes proposent du traitement sur les pièces de leurs clients, mais aussi sur leurs propres modèles. Sans surprise, Rolex occupe, de très loin, le premier rang des pièces customisées. Non sans surcoût : une Rolex Daytona neuve à 10 000 euros se voit traitée en noir pour... 19 000 euros.
Au-delà du boîtier, tout devient possible : cadrans, aiguilles, poussoirs, etc. Le plus subtil côtoie souvent le pire, comme cette Daytona vert et violet. Le plus souvent, il est vain de vouloir retoucher ces éléments constitutifs de la montre et de son identité. De la personnalisation, on passe au tuning sauvage et la pièce y perd considérablement.
En somme, le plus important reste de conserver l'esprit de la pièce : on ne transforme pas une sportive body-buildée en montre de cocktail. À l'inverse, en accentuant légèrement l'inclinaison naturelle de la montre, on peut obtenir des résultats probants, à l'instar de cette Royal Oak dont la finition orange est en phase avec son esprit sportif natif. Il en coûtera tout de même, pièce comprise, 22 000 euros. En tout état de cause, une seule règle prévaut : à trop vouloir personnaliser une pièce, mieux vaut probablement... changer de montre !
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